dimanche 10 janvier 2010

Un nouveau blog comme une bonne résolution

2,5 millions de lecteurs par jour pour 20 minutes, à peine moins pour Métro. 45% des Français de 15 ans et plus utilisent Internet pour faire des recherches documentaires, 23% pour visiter un blog ou un site personnel, 21% pour lire la presse en ligne. Des usages qui n'existaient pas il y a en encore vingt ans et qui aujourd'hui font partie de notre quotidien. Sans compter que la télévision, la radio, la presse continuent de constituer nos sources d'informations privilégiées : 87% des Français déclarent regarder la télévision tous les jours, plus de trois électeurs sur quatre disent suivre un journal télévisé au moins cinq fois par semaine.

Des supports qui se multiplient, des sources qui se diversifient. Il est de bon ton aujourd'hui d'annoncer que nous sommes entrés dans une société de la connaissance, l'information et sa maîtrise constituant l'un de ses fondements.

Mais cette omniprésence de l'information ne fait pas forcément de nous un lecteur mieux informé, et plus critique. De l'information, nous ne retenons le plus souvent que l'émotion, les sentiments et réactions qu'elle a pu susciter en nous lors de son écoute, émotion d'un jour déjà remplacée le lendemain par une nouvelle tout aussi dramatique. Nous sommes plus informés, sans forcément être mieux informés.


Voilà pour le contexte général.

Car à la source de cette revue, il y a un contexte plus particulier. Celui d'une émission de radio, entendue un soir de décembre, qui mettait aux prises trois interlocuteurs et deux animateurs débordés autour d'un débat que quelques hommes politiques avaient décidé d'imposer aux Français. Un débat sur l'identité, au singulier, nationale, celles des Français, la notre. Un débat « plébiscité par les Français », un débat qui met la gauche mal à l'aise, une discussion qui n'a de débat que le nom, tant sont encouragés réactions et préjugés. La question des identités, nationales pourquoi pas, est pourtant un beau sujet. De ceux qui ne se résolvent pas en quelques commentaires, mais qu'historiens, géographes, écrivains et sociologues ont tenté d'éclairer. Pauvres écrivains, pauvres sociologues, appelés en ce débat à résumer en quelques phrases des questionnements bien complexes. C'est cette contradiction - entre un sujet si passionnant et un débat si pauvre - qui nous a amené à prendre, une fois n'est pas coutume, une bonne résolution, sous la forme d'une nouvelle revue. Avec pour premier sujet, le débat sur l'identité nationale, et pour vocation l'envie de proposer sur l'actualité un éclairage que nous souhaitons différent.

Sous quelle forme ? Une revue, mensuelle, et un blog, la-revue.net. Pour le blog, c'est très simple : il s'agira de proposer régulièrement une perspective, une analyse, une opinion sur l'actualité immédiate. Invités et commentateurs seront conviés à enrichir un débat qui se veut permanent. Pour la revue, il s'agira au contraire de faire une pause, et de prendre le temps chaque mois de faire le point. Pour commencer, une « Chronologie », coup de projecteur sur les grands et petits événements du mois précédent. Ensuite, un « Dossier », cœur de la revue, réunissant des contributions d'universitaires, d'intellectuels, d'éditorialistes, avec une ambition, inviter nos lecteurs à faire ensemble un tour de la question, détours compris. Après, un « Sujet », qui se propose de faire le point sur un thème précis. Enfin, des « Comptes rendus », d’ouvrages récents ou d’essentiels, d’articles de journaux ou de revues qui ont attiré notre attention ou celle de nos chroniqueurs, sans oublier les « Retours », pages ouvertes aux droits de réponse, opinions, critiques et courriers de nos lecteurs.

Parce que la démocratie repose sur les mots, et que les mots sont des armes. Des mots qui la menacent ou la renforcent, qui ne sont en tout cas jamais neutres mais toujours vecteurs d’idées. Et qu’en conséquence, chaque débat qui se crée, doit avoir pour objectif la création de champs de bataille, où peuvent s’affronter, à armes égales, sans tromperie, sans trucage, à la loyale, les idées de tous.

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