Ces dernières semaines, la presse a souvent insisté sur l’importance que pourrait prendre l’abstention lors des prochaines élections régionales. Des titres comme « L’abstention, grande gagnante des élections » ou « L’abstention, premier parti de France » ont ainsi mis en valeur les données rassemblées par les différents sondages. Pas plus tard qu’hier, une enquête réalisée par l’IFOP annonçait 47% d’abstention au premier tour des élections régionales, soit 8 points de plus qu’aux dernières élections de 2004. L’abstention, grande gagnante ? L’abstention, choix politique ? La presse s’attache alors à justifier ce refus d’aller voter, à donner du sens à cette abstention, en montrant que s’abstenir, c’est comme voter, c’est envoyer un message politique. Il est pourtant essentiel de garder à l’esprit que derrière une statistique, les « tant de pour cent » qui ne vont pas voter, coexiste une population hétéroclite : il y a l’abstentionniste convaincu qui ne participe à aucune élection, l’abstentionniste étourdi qui n’a pas pris le temps de faire une procuration, l’abstentionniste politique qui veut manifester son rejet de l’offre politique, mais aussi les électeurs de droite qui ne se retrouvent pas dans le sarkozysme, le Français qui ne se déplace jamais pour une élection intermédiaire, et surtout tous ceux qui ne savent pas que dimanche, on vote. Dimanche soir, l’ensemble de ces abstentionnistes formera un tout politique, une seule statistique, sans réel sens politique. lire la suite sur tout-ca.com


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